Il a cent ans, et il est bien content.
Invité que j'etais par mon amie Huphinia, je me retrouve le temps d'un week end à Mafikeng, dans le province du nord ouest, a coté de la frontière avec le Botswana.
Invité pour quoi faire ? Pour feter les cent ans de l'arriere grand pere d'Huphinia !

Depart vendredi soir, vroum vroum, 4 heures de bagnole depuis Pretoria, et arrivée dans le centre de Zeerust, la ou m'attends Huphinia. La moitié de la famille habite cette ville, mais le gros des troupes est deja parti pour faire la chouille à Mafikeng, la ou habite l'arriere grand pere. Apres une petite heure passée à Zeerust, on trace vers Mafikeng à notre tour.
Arrivée la bas vers 10 heures du soir, je fais la connaissance de toute la petite famille qui est deja là. C'est pas encore vraiment la fete, disons que les gens se retrouvent et se reposent un peu, certains viennent de loin comme moi. Le debut des vrais festivités est prevu pour demain midi, pour l'instant je fais gentillement connaissance avec les gens, je me presente, je suis bien poli avec les parents, j'aide un peu à preparer la bouffe pour le lendemain, et pour finir la soirée on se met dans un coin avec les jeunes de la famille et on se raconte des blagues de toto en buvant des bieres. Ca s'annonce bien.
Le lendemain, samedi, c'est le grand jour ! La fete principale est prevue pour ce midi. On arrive à la salle des fetes de la ville vers 10 heures parmis les premiers, Huphinia et ses parents sont en speed, ce sont eux entre autres qui sont chargés d'organiser la fete et d'acceuillir les gens. Du coup je me retrouve tout seul au milieu des invités qui commencent à arriver. Je connait personne, mais bon, c'est pas grave, je vais m'assoir avec les gamins, dans le fond de la salle, ils sont rigolos les gamins. Au bout d'un moment, les gens sont tous arrivés, on est presque trois cents ! (Et sur les trois cents, devinez combien de blancs becs ?)
Je suis assis à une table avec deux cousins d'huphinia qui sont bien coules. C'est parti, on commence la ceremonie : trois heures de ceremonie, tout en Tswana, je comprends rien bien sur, mais c'est sympa quand meme. Ca enchaine les discours : les amis de l'arriere grand pere, ses enfants et petits enfants, tout le monde viens dire un petit mot. Meme la maire de la ville vient poser une petite dedicasse au centenaire, qui cela dit a surement pas tout bien compris puisqu'il dort apres trente minutes de ceremonie. Apres les dedicasses, le pere de Huphinia raconte l'histoire et la vie de l'arriere grand pere, là je suis quand meme decu de rien comprendre, ca m'aurait interresssé, en cent ans il a du en voir des choses le gars...
Apres la premiere heure, les deux cousins commencent a en avoir marre, et ca se voit, ils me proposent de sortir pour aller boire des bieres derriere l'eglise. Je peux pas refuser...

Salud !
Quand on reviens au bout de trois quart d'heure, la ceremonie est loin d'etre finie, mais c'est plus animé tout de même, on a droit a une chorale gospel et a des danses traditionelles, ca claque bien, dommage que je n'ai pas eu le mini disc a ce moment la. Pour terminer la ceremonie, l'arriere grand pere agripe le micro et il prends la parole. Tout le monde se leve, sequence emotion !
Bon, moi je comprends rien bien sur, mais je saisi quelques trucs quand meme. C'est tout a base de "merci jesus" et de "soyez benis mes freres". Il a la patate le vieux, il les fait pas vraiment ses cent ans. La ceremonie est terminée, moi et les cousins on ne va pas s'en pleindre.
On amene le gateau, l'ami centenaire se fait aider à souffler les bougies, et on va pouvoir attaquer la bouffe non de dieu !

Les ptits gars.

Le gateau ! Le gateau !
Ce qui est interressant pour le repas, c'est qu'il y a une hierarchie dans le droit d'accès prioritaire ou non à la bouffe. C'est à dire que tout le monde est invité, les portes de la salle des fetes sont ouvertes et tout le monde peut venir feter le centenaire, meme des gens que personne ne connait. Au moment de passer à table, les invités sont prioritaires, et quand ils sont servis et qu'il reste à manger, on commence à servir les autres: les enfants qui ont fait le spectacle de danse par exemple, puis un autre groupe de personne, puis les inconnus qui sont venu la, et ainsi de suite jusqu'a ce qu'il n'y ai plus de bouffe. C'est comme ca que ca se passe, les portes sont ouvertes, qui veut venir feter avec nous viens, et il y a un ordre dans la distribution de la bouffe. Ce sera pareil dans toutes les fetes que nous faisons pendant le week end, il y a plein de gens que personne ne connait qui viennent taper l'incruste et jouer les pique assiette. Personne ne les connait et ne leur parle trop, moi si, parceque de toute facon je suis incapable de dire qui est de la famille et qui ne l'est pas.
Bref, une fois la boustifaille achevée, on va se balader dans le quartier pour digerer notre pap, en chemin on croise une troupe de scouts avec qui je discute un moment, on parle scoutisme et djamboré. Je crois bien qu'on etait au meme djamboré avec le mec de droite, il y a plus de dix ans.

Scout toujours ? Pret !!!
Le temps file, après les trois heures de ceremonie, la bouffe et la petite ballade dans le quartier, il est deja tard, il est l'heure en tout cas de bouger. La suite des festivités se poursuit dans la maison d'un oncle, seul les proches sont invités à cette fete du soir. Et moi je fais parti des proches, yeah...
Très belle soirée chez l'oncle. On a picolé pas mal, on a dansé, toutes generations melangées ensemble. Comme une fete de famille classique, super bonne ambiance, et super accueil pour moi. Je suis un peu la bete curieuse la dedans, ca explique peu etre cela, mais tout le monde s'interresse a moi, et le contact avec tous ces gens est tres bon et tres facile. C'est peu etre du a l'alcool aussi remarque...
On se fait un gros barbecue. Les deux cousins avec qui ont allaient boire des bieres derriere l'eglise sont archis saoul à l'heure qu'il est. Ils deviennent un peu lourd, mais bon, on va pas se pleindre hein. On fini la soirée vers trois heures du matin. Je confonds un peu tout le monde à cette heure la, mais c'est pas grave, le coeur y est. On va se coucher chez un autre oncle avec dans l'idée qu'on recommence la meme demain.

Le matin au reveil, la bonne suprise qui va bien : On m'apprends que la fete du dimanche midi est prevue dans la ferme de l'arriere grand pere en pleine campagne. J'avais rien suivi à l'histoire moi, je ne savais pas qu'on irait à la campagne. Huphinia fait un peu la gueule, elle dit que ca craint la ferme, moi je suis aux anges !
La ferme est à trente minutes de Mafikeng, en pleine cambrousse. Apres avoir roulé sur des chemins en terre, on arrive sur la ferme.
C'est du roots. Des baraques en terre et tois en toles, les schiottes dans le jardin, pas d'eau courante, une pompe dans le fond du jardin, ambiance :

Le jardin.

La baraque.

Les convives.

Des voisins.
Comme la veille, la fete a attiré du monde en plus, les voisins, les gens des alentours.
Je discute un peu avec un d'eux. Le gars est mineur. Juste a coté de la maison de l'arriere grand pere, il y a des mines de diamant à ciel ouvert. Il m'explique comment se passe le travail des diamants, il me montre avec des cailloux le paquet d'argent que represente un tout petit morceau de diamant. Il a les mains défoncées et les trais tirés, pourtant il est assez jeune, il ne doit pas faire semblant de travailler lui.
J'aide un peu à preparer à la cuisine, ca fait rire tout le monde...
J'essaye de discutter un peu avec l'arriere grand pere, mais ce n'est pas bien facile, il ne parle pas anglais. Avec l'aide d'Huphinia je lui transmet quelques mots de salutation et de remerciement, mais on ne peut pas discutter, il est aussi un peu fatigué.
Le fait que les gens viennent jouer les piques assiettes, je trouvais ca une bonne idée hier, aujourd'hui je trouve ca un peu plus malsain.
Par exemple, les deux cousins qui picolent me servent des coups a boire de biere alors que j'en ai pas envie, et rien pour le mineur avec qui je suis en train de parler. C'est bizarre, rapport de domination merdique. Finalement, on decide qu'on ne mangera pas ici parcequ'il n'y a pas assez de bouffe pour tout le monde.
Mis à part ces soucis materialistes, c'est une experience tres excitante de se retrouver là en plein campagne à feter un centenaire au milieu d'une famille Tswana. L'afrique du sud, telle qu'elle est vraiment du coté des noirs, j'y suis en plein dedans, je vis tout un week end parmis eux et je suis tres heureux que ca m'arrive.

Huphinia, son arriere grand pere et le mineur.

Photo ratée, dommage, je la sentait bien pourtant.

Blanc bec.

Quelques cousins.
Après quelques heures passées dans la ferme, on salut l'arriere grand pere et la famille qui commence a partir, puis on rentre sur Mafikeng. La, on bouffe, pour changer. Et puis on boit un peu, de la biere, mais pas n'importe quelle biere, de la biere traditionnelle. Quand il y a une grande fete comme celle ci, c'est la coutume, ils fabriquent tout un tonneau de biere traditionnelle. J'ai pas bien compris ce qu'ils mettent dedans, des cereales et de l'eau j'imagine, ca fermente quelques jours, et ensuite on filtre ca dans une grande passoire. Ca donne un jus brun sans gaz, avec un vieux gout de vomi, c'est infecte a boire et ca met une grosse barre dans la tete. Le gout n'a rien à voir avec la biere classique telle qu'on la connait, j'ai pas été conquis, mais les vieux ils avaient l'air de bien aimer ca, c'est bon pour la santé parait il...
C'est la fin du week end, on remercie tout le monde, et on se trace vers Pretoria, fin du week end, fatigué, mais heureux.

La biere traditionnelle. Rigolo à fabriquer, moins rigolo à boire...
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Sommaire Afrique du Sud
16/08/2003 : Week end en territoire Venda, l'Afrique du sud profonde.
26/08/2003 : Deuxième sejour dans le Venda, du Baobab à Gogo!
13/09/2003 : Il a cent ans, et il est bien content !
27/09/2003 : Visite guidée de Soweto avec deux de ses habitants.
Eté 2003 : "Et samedi prochain on ira faire, la fiesta! la fiesta!" Résumé de mes meilleures boumes en Afrique du sud.