Le Venda, l'Afrique du sud profonde.
Le Venda est une région de l'Afrique du sud située dans le nord du pays.
Venda est également le nom de l'ethnie habitant cette region ainsi que le nom de la langue que parle ces gens.
Cette ethnie est la moins représentée de l'Afrique du sud, elle représente environ 3 millions de personnes.
Contrairement aux autres ethnies, les habitants du Venda sont assez regroupés sur leur région, peu sont exilés à travers le pays. Il est rare de rencontrer des vendas à Johannesburg ou à Pretoria, plus au sud il y en a encore moins. Les seuls Venda qui bougent sont les jeunes. Il n'y a que quelques universités en Venda, et le niveau d'education y est assez faible. Les jeunes gens viennent donc souvent etudier à Jobourg ou à Pretoria.
C'est le cas de Thendo, le pote qui nous a invité à passer un week end dans sa famille. En fait c'est quand meme un peu nous qui nous sommes invité au départ. Le mérite en reviens au gars Micky qui nous a organisé ca, la sacrée bonne idée.

Arrivée de nuit à Thohoyandou, nous ne voyons quasiment rien du paysage et nous ne ressentons rien de l'ambiance autour de nous pendant le voyage. Le petit trajet de 4 heures de route qui va bien, le tout de nuit sur des routes deglinguées. Les deux autres jeunes insouciants qui m'accompagnent n'ont pas le permis, donc c'est tout pour ma gueule, on arrive sur place claqués. Rencontre avec la mère de Thendo. Elle est un peu timide, elle a un peu peur des deux blancs, enfin je crois. " Qu'est ce qui m'a encore ramené mon fiston !" doit elle penser.
On se matte un film Walt Dysney avec les petits cousins et on se pieute.

Ce n'est qu'au matin que nous découvrons la région.
La première chose qui frappe quand on se retrouve à tracer sur ces routes de campagnes, c'est la végétation. Tout est vert !
Habitués et un peu lassés que nous sommes de la caillasse et de la sécheresse du Gauteng ou du Mpumalanga, on a vraiment l'impression de se retrouver dans une oasis. C'est une région agricole, pleine de plantations de bananes, de mangues ou de canne à sucre. La terre est rouge sang, elle doit être très fertile, ca pousse de partout. On se sent bien dans ce paysage, on respire, fraicheur de vivre.
Le contraste entre cette terre rouge et cette verdure luxuriante est magnifique. On roule un peu au milieu des collines, dediou comme c'est beau ! Avec le micky on est séché sur place, surpris de découvrir cette région que nous n'imaginions pas du tout ainsi, la claque !

La deuxième chose qui frappe, c'est l'ambiance générale qui règne dans les villes ( Thohoyandou ou Sibassa), mais surtout l'ambiance dans les campagnes et les petits villages. C'est du roots !
Ambiance Afrique profonde. Premiere chose, Il n'y a pas un seul afrikaans (sur les trois jours du week end nous ne croiserons en tout et pour tout que deux pauvres blanc becs).
Les gens vivent très simplement. La plupart vivent de l'agriculture, de peu de chose. Il n'y a pas vraiment de misère, mais les habitants sont très simples, "authentiques". Peu d'entre eux parlent l'anglais, les rues sont tres animées, c'est plein de petits commerces en planche sur les routes, de vieux camions déglingués, on voit beaucoup de maisons en terre, de nombreuses femmes en habits traditionnels...
Quand on croise des petits enfants dans les villages de campagnes, ils s'enfuient en rigolant et en criant "Gouah ! Gouah ! " (Le blanc ! Le blanc !).

Petit ambiançage:

De la verdure sur le bord des routes !

Cabine telephonique "Old school".

Habitat rural typique. Sur la terrasse ils etalent de la bouse de vache sechée. Pour faire briller nous ont ils expliqué.

Sur le bord d'une route à coté d'un vendeur de canne à sucre.

Des ptits gars.
Pour cette premiere journée du samedi, le programme est chargé. Thendo aime beaucoup sa region, ca se sent, et il veut nous en faire voir le plus possible.
Nous sommes accompagné par son cousin, dont j'ai oublié le nom, nous l'appellerons donc "le cousin". Le cousin est un vieux glandeur de base. De temps en temps il est conducteur de taxibus, le reste du temps il le passe à tiser de la biere et à siffler toutes les filles qui passent à moins de dix metres de lui. Il doit avoir 25 ans, et contrairement a Thendo il n'a jamais quitté le venda, il connait tres bien la region et tous les habitants, ce qui est important, la region n'est pas touristique pour un sou, rien n'est indiqué, il est notre guide officiel.
Nous commencons la visite par les chutes d'eau de Phiphidi. Pas terrible, juste un petit cours d'eau qui tombe sur cinq mettres, mais c'est la saison seche alors on a pas de chance. Il parait qu'il y a des esprits dans les rochers et l'eau de la chutte d'eau, allez, on y crois...
Pas de photos de ces chutes d'eau, vous irez les voir vous meme.
Deuxieme etape de la journée, le lac Fundudzi. Sur le guide du routard, il est marqué ceci:
"Ce lac est un site sacré ou habitait le dieu Python. En effet, son eau proviendrait de la grande mer qui recouvrait le monde avant la création de la Terre. Ici vit le dieu python, qui joue un role important dans les rites de la culture matriarcale des Venda, à tel point qu'on lui offrait des sacrifices humains. On ne peut helas le visiter sans la permission (difficile à obtenir) de la pretresse du lac."
En ce qui nous concerne, l'autorisation de la pretresse on s'est un peu torché avec, et on y est allé sans rien demander à personne. On peut approcher le lac sans que quiquonque ne s'y oppose, le chemin pour y aller est par contre assez compliqué, ce qui explique pourquoi seul les locaux s'y rendent , il n'y a pas de signalisation et le lac est impossible à trouver sans demander son chemin aux habitants. Meme si les touristes voulait s'y rendre, il ne le trouverait pas, de toute facon il n'y a pas de touristes en Venda (ce qui n'est pas pour nous deplaire).
Le lac n'a rien de special en lui meme, il y a juste plein d'eau dedans, mais Thendo et le cousin nous racontent des anecdotes et les croyances qui sont associés à ce lac. Une notamment attire notre attention : quiconque rempli une cruche d'eau à ce lac jusqu'à la remplir totalement la trouvera à moitié vide une fois rentré chez lui. Pari tenu ! En petits irévérentieux que nous sommes, on prend une cannette de coca et on la rempli à ras bord avant de partir, on verra ce que ca donne...

Thendo pose devant le Fundudzi.
On reprend la route, direction la prochaine étape du petit circuit touristique concocté par nos deux amis.
Jusqu'a present, les endroits que nous visitons sont assez banals, mais à vrai dire on s'en fout pas mal, tout ce qui compte c'est le cadre dans lequel nous sommes bercés, ces magnifique paysages, ces villages, ce climat general, le beau temps qui va bien avec, tout ca est vraiment bonnard.
On roule vers notre prochaine destination, le niveau d'eau de la bouteille de coca ne bouge pas d'un millimetre (quel gros naze ce dieu Python), en chemin on croise des enfants qui nous font coucou en rigolant, des femmes en habits traditionnels aussi.

De bien beaux habits.

Encore des ptits gars, cela sont moins farouches.
La prochaine destination vers laquelle nous roulons est une fete traditionelle Venda, nous y arrivons en milieu d'apres midi. La fete est malheureusement sur le point de se terminer, mais nous assistons quand meme à la fin de la ceremonie.
Apres avoir recu des explications de Thendo et des gens qui sont à la fete, on comprend en gros qu'il s'agit d'une fete organisée en l'honneur du roi des Vendas. D'apres ce que je me fais expliquer par un mec sur place, le roi des Venda est un gamin de douze ans, mais la je suis vraiment pas sur de moi, apperement micky a entendu une version differente par un autre mec qui lui a aussi expliqué la signification de la ceremonie. Aie, les sources ne se recoupent pas, manque de professionalisme journalistique, la faille quoi... On ne sait finalement pas bien ce qui se passe, si le roi est la ou pas, si il a bien douze ans ou alors douze ans et demi.
En tout ca c'est la grosse fiesta. Les gens sont tous rangés en cercles, ils ont des flutes sans trous fabriquées avec des tuyaux en fer. Ils soufflent dedans (logique), tout en faisant bouger leur main le long du tuyau, ce qui donne un peu le meme son qu'un jazo-flute (une flute choupa choups quoi). On ne peut pas dire que c'est tres beau à entendre, chaque personne souffle dans sa flute, le tout n'est pas coordonné, ce qui donne un joyeux bordel sonore. C'est une musique stridante et repetitive, de trance. La danse qui va avec appelle aussi à la trance, les gens tournent autour du roi de douze ans (?) en dansant. Au milieu, le roi de douze ans est assis tranquilotte, et quelques vieille mamas tapent sur des tambours pour donner le rythme de la danse.
En tout cas ce n'est pas banal comme truc. Nous participons un peu à la danse avec les gens, ils nous y invitent tres chaleureusement. On a un peu l'impression de jouer les ethnologues, et on savoure le truc à fond. Ces gens sont vraiment adorables.

La ceremonie se termine moins d'une heure seulement apres notre arrivée, et les gens plient bagages, on reste la à parler un moment, puis on reprend la route alors que la nuit commence à tomber. Apres quelques petites pauses en route, le temps de s'arretter acheter de la canne à sucre, on refait la route dans l'autre sens vers Tohoyandou. On s'arrette deposer le cousin au bistrot du coin. Ca a l'air un peu sauvage le bistrot du coin. C'est un bistrot de campagne, ou les paysans des environs viennent se mettre la grosse mine du samedi soir à la bierre traditionelle. Moi j'y serai bien resté un moment, mais Thendo qui est assez stricte par rapport à l'alcool et à la débauche en general ("jesus reprezent") ne se plait pas dans ce genre d'endroit. Par respect pour lui nous ne proposons meme pas de rester au bar avec les poivrasses du coin, et nous rentrons bien sagement à la maison.

Fin de cette journée bien remplie. Apres une soirée en famille, on se couche content, heureux d'etre la, et heureux de se gaver de ce depaysement et de toutes ces decouvertes. Un seul regret quand meme, on a appris plus tard que ce meme jour il y avait l'election de Miss Venda, et on l'a raté !

Comme à Avignon, dans le Venda, on y danse tous en rond.

Ils tapent sur des bambous et c'est numero un.

Et la ronde ? Qu'est ce qu'elle devient ? C'est l'anarchie.

Les instrumentistes sont tres sexy.

Elle vous rappelle quelquechose celle la ?

Le soir à la maison, le famille de Thendo est reunie pour la photo, sa mere fait peter sa plus jolie robe pour l'ocasion.
Le lendemain, le programme est aussi chargé que la veille. Ce que nous attendons le plus aujourd'hui, c'est d'aller tater du baobab. A la base, c'est une des idées qui nous a le plus donné envie de monter au nord. Le Venda est la seule partie d'Afrique du Sud ou l'on trouve ces arbres. Petits européens que nous sommes, on en a jamais vu bien sur, et il est clair qu'on ne repartira pas d'ici sans en avoir vu un !

Oui, je l'ai vu !
Qui ?
Ton cu...euh...ton baobab !

Telle est la discussion que nous avons eu avec Thendo en arrivant devant le plus gros baobab d'Afrique Australe.
Enorme le truc. Dur à imaginer comme c'est gros avant de l'avoir vu.
32 mettres de circonference, 3000 ans d'age...
Ca fait un choc tout de meme. Ce Baobab qui te regarde du haut de ses 3000 ans, on se sent petit. Trente milles ans...mazette...

Enoooorme.

...

Debouts sur une racine.

Après avoir vu le plus gros, on a cherché le plus petit, on a trouvé celui la. Et les bébés baobab de 20 cm de haut, ca existe ?
Bon ca y est, j'ai vu un baobab. Ca, c'est fait. C'est à rayer sur ma liste, mais j'ai encore d'autre trucs à rayer sur ma liste des trucs à faire, je vous rassure.
Il s'est passé beaucoup d'autres choses pendant cette journée. Nous avons visité quelques autres endroits, mais le plus beau était encore de rouler au milieu des villages, de voir les gens y vivre et d'observer la beautée de la nature tout autour de nous.
Je vous raconte simplement une etape assez marqante pour nous, l'arret chez la grand mere. Thendo a été elevé par sa grand mere jusqu'à l'adolescence, et il garde des rapports privilégiés avec elle. C'est une femme tres acceuillante, très chaleureuse, comme quasiment tous les Vendas que nous avons rencontrés pendant notre sejour.
L'hospitalité n'est pas un vain mot dans la famille de Thendo, partout ou on va, on nous recoit tres bien, en nous offrant des petits cadeaux, beaucoup de fruits surtout.
Chez la grand mere, nous avons droit à quelquechose de plus spécial. On nous sert à manger, mais pas n'importe quoi. Mis à part le traditionel Pap, la grand mere fait peter un plat de fete : les vers Mopane. Ce sont des larves qui vivent sur les arbres Mopane, elles sont séchées et preparées avec une sauce à la tomate.
Je goutte... mmm... c'est bon les vers !
Micky, qui lui est une grosse tafiole d'européen elevé au Mac Do, n'aime pas ca. Il en mange une en serrant les fesses, il dit merci. C'est coché sur sa liste des trucs à faire, par contre je ne crois pas qu'il ai ramené beaucoup de ces vers Mopane en France...
C'est bon en fait, ca a presque le meme gout que du biltong.

C'est tres flou, désolé. La Technique de scannage que j'ai utilisé consiste à photographier mes photos papiers avec un appareil numérique, et ca marche pas terrible terrible...

Encore des cousins.

Au menu: pap et vers mopane en sauce. Bon appetit.
Fin du week end, retour a Pretoria. Merci à Thendo pour ce week end, pour son hospitalité et sa générosité. Merci à Micky pour etre à l'origine de ce petit voyage. Merci au cousin de Thendo sans qui nous n'aurions jamais gouté aux joies de la conduite à 100km sur des pistes en terre. Merci à vous de m'avoir lu jusqu'ici.

Micky, si tu as lu ce carnet, peux tu ecrire à la suite ta version sur la fete traditionelle et sur le roi. D'apres toi, il a 12 ans ou 12 ans et demi ?
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Sommaire Afrique du Sud
16/08/2003 : Week end en territoire Venda, l'Afrique du sud profonde.
26/08/2003 : Deuxième sejour dans le Venda, du Baobab à Gogo!
13/09/2003 : Il a cent ans, et il est bien content !
27/09/2003 : Visite guidée de Soweto avec deux de ses habitants.
Eté 2003 : "Et samedi prochain on ira faire, la fiesta! la fiesta!" Résumé de mes meilleures boumes en Afrique du sud.