Première semaine au Mali.
Depuis longtemps dans ma tete, je fantasme sur le Mali. Bien que je n'en connaisse rien, et sans vraiment m'en expliquer les raisons, ce pays m'a toujours beaucoup fait envie. La musique Malienne, et la reputation de pays profondement Africain dans sa tradition y sont surement pour quelque chose dans mon envie d'aller voir la bas si j'y suis.
A l'heure de partir, dans mes reves, je me vois deja débarquer à Bamako, rencontrer Salif Keita au coin de la rue et aller boire des bieres et jouer de la guitare avec lui sous un Baobab géant.
Mais est ce que ca va vraiment se passer comme ca ?
Me voila libre de disposer de deux semaines de vacances que je compte passer sur la route à sillonner le pays, nous verrons bien quelles surprises me reserve ce séjour.

Le voyage commence par un trajet de 60 heures en train entre Dakar et Bamako.
Ce périple de plus de deux jours sur rail est un bon moyen de me mettre dans le bain.
Je ne suis pas encore sorti de Dakar depuis le debut de la saison des pluie, et je suis surpris de découvrir un Sénégal tout vert. En quelques jours de pluie, la vegetation a completement explosée, et les terres auparavant si seches se sont couvertes d'herbes et de champs de mil. C'est plus joli comme ca, je passe des heures debout à la fenetre à regarder le paysage.
Meme si la chaleur et le bruit sont quasi omnipresents, la longeur du trajet et l'ambiance dans le train se prète souvent à la rêverie et à la contemplation. C'est assez agréable. A d'autres moment, c'est quand meme long. 60 heures dans des petits wagons en ferraille pourris, faut quand meme se les farcir...
La premiere nuit que nous passons à bord est calme, et pour cause, le train déraille apres 30 bornes et reste au milieu de la voie pendant presque toute la nuit. Au matin nous arrivons a Thies, en ayant mis 10 heures pour faire 60 bornes, ca commence fort.
Par la suite, le voyage connaitra beaucoup d'arrets, de pause et autres temps morts, mais bonan malan, on trace la route surement à notre rythme d'escargot. Les arrets dans les garres sont fréquents et donnent lieu à de bien belles scènes de bordel ou les vendeuses et les enfants se bousculent aux fenetres du train pour vendre leur marchandises.
Tout se passe bien pour moi. Au bout d'un moment, je perd la notion du temps, j'oublie que le voyage dure depuis deux jours. Je trouve ca normal d'etre la, comme si je pouvais y rester encore plusieurs jours. Je ne suis pas dans le train pour un voyage, pour une durée determinée, je suis dans le train jusqu'a nouvel ordre, je vis dans le train.
Le lundi matin nous passons la frontiere Malienne, tout est bien geré sans emmerdements avec le visa et le passeport, et on traverse les premiers villages malien au petit matin.
Directement on percoit une petite difference.
Les villages on l'air plus roots qu'au Sénégal. On ressent plus la pauvreté, dans les garres beaucoup de vendeurs sont des tout petit gosses. Ca ne parle plus Wolof, mais Bambara. J'y comprends rien. Ce n'est pas que je comprend bien le wolof, mais je me suis mine de rien habitué à comprendre ou deviner ce qui m'arrive et ce que les gens racontent grosso modo dans toute les situations. La je suis largé...

A midi, dans la garre de Kayes, je me laisse tenter par une vieille mama qui me vend un sachet de petits gateaux, qui devaient m'attendre la au soleil depuis minimum une semaine.
Sur le coup, je me suis dit qu'apres un bon six mois passé en Afrique, j'allais tenir le coup, j'en avais vu d'autre... mais non, une heure apres, c'etait le debut d'une chiasse terrible.
Le train Dakar Bamako n'est pas le meilleur endroit pour ce genre de performance. Les schiottes sont immondes (je peux pas dire que j'ai arrangé les choses), il n'y a souvent pas de porte, ou quand il y en a une, il faut la tenir avec la main pour ne pas qu'elle s'ecroule devant vous, vous laissant cul nul en equilibre au dessus de la cuvette devant une vieille qui se fout de votre gueule.
Une bonne leçon à retenir : en voyage, jouer la sureté sur la qualité de la bouffe.


De la verdure.

Une garre.

Des wagons deglinguos.

A l'interieur du train, ca ressemble à un interieur de train.

Scène de marchandage pendant un arret dans une garre Sénégalaise.

Le train arreté en pleine voie, un classique...

Qu'est ce qui se passe ? un déraillement ?

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Nous voila au Mali.

Des qu'on a passé la frontière malienne, on sent vite que c'est plus pauvre.

Village de brousse Malienne.

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On se repose comme on peut.

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Apres presque 48 heures de train, passage du panneau des 1000 bornes depuis Dakar. Champagne.

Les vieux et les jeunes enfants aussi s'encaissent les 60 heures de train. La jeune Nabou, deux jours dans le train sans un seul caprice.
A bamako, j'ai le contact de l'oncle d'une amie Malienne de Dakar. Il a été convenu que je l'appelle à mon arrivée. Dans le train se trouve aussi le cousin de cette amie, Fatou, et comme notre train arrive à Bamako à 1 heure du matin, nous décidons ensemble que ce sera mieux de ne pas réveiller le vieux Cissoko (l'oncle) et que je passerai la première nuit chez le cousin, Sidi.
Sidi habite avec sa famille dans un quartier populaire de Bamako, appellé Hamdalaye, et qui se situe dans la toute proche banlieue de Bamako.
Arrivée la, je me dis qu'au niveau standing, ca doit correspondre au genre de quartier ou j'habite à Dakar, mais ici c'est quand même beaucoup plus miséreux. Les routes du quartier ne sont pas goudronnées, il n'y a pas de système d'égout, c'est super crade et pourri de mouches. Pour les schiottes, c'est directement dans un trou. Pour les eaux usées, à grand coup de bassine, "splash", les femmes balancent tout dans la rue, et les gosses pataugent dedans. Au niveau infrastructure, ca fait penser à un village, mais on est en fait en plein Bamako.
La maison de Sidi est assez grande et le nombre de personnes habitant là est grand, à la louche, je dirais 20 ou 30 personnes, dont la moitié sont des enfants et des bébés. Tout ce petit monde vit dans un joyeux bordel. Les femmes triment, les hommes glandent devant la maison assis dans des fauteuils (moi avec) et les gosses font les cons dans les eaux usées. Comme partout (en Afrique), l'accueil est tres bon.
J'occupe ma journée du mardi par une petite visite du quartier et par un glandage en règle devant la maison avec les hommes de la famille. En milieu d'apres midi, je prends mon sac et je me met en route pour la garre routière de Bamako, direction Koulikoro un petit port sur le Niger d'ou j'ai prevu de débuter la descente du fleuve en bateau jusqu'a Mopti.


La rue devant chez Sidi, quartier Hamdalaye.

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La cours de la maison.

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On bouffe (entre mecs seulement).

Opération glandage.
Le trajet Koulikoro Mopti représente 600 km, le trajet en bateau va durer 2 jours.
Par la route, s'eu été l'affaire de douze heures simplement, mais j'en ai ma claque de voyager en speed dans des conditions de stress. J'ai envie de prendre le temps d'observer les régions que je traverse, j'opte donc pour ce trajet en bateau.
J'évite aussi de voyager par la route de nuit et j'en profiterai pour payer la dette de sommeil que je traine après le voyage en train.
Ce qui me motive surtout à choisir le transport fluvial, c'est l'idée même de descendre le fleuve Niger en bateau. J'avoue que ca fait pas mal rever son Vincent Vincent.
Je me prends une place en 3ème classe (couchette en chambre de 12 plus une platrée de riz midi et soir).
Pour les schiottes c'est nickel, il y a des portes qui ferment à clef et un robinet dans chaque schiotte, je vais pouvoir m'en donner à coeur joie.
L'ambiance dans le bateau vaut le détour. Les gens qui sont en 4eme classe n'ont pas de chambre, ils squattent le pont étalés sur des nattes, je vous laisse imaginer le tableau...
On voyage donc le long des berges du fleuve Niger, en apercevant les petits villages en bord de fleuve avec les enfants qui se baignent cul nus, les femmes qui font la lessive. On croise des piroguiers en train de piroguer. On se croirait dans Thalassa.
Les moments les plus folkloriques du voyage se produisent pendant les escales dans les villes. Je crois que le dénominateur commum de tous les moyens de transports en Afrique, c'est qu'à un moment donné ou un autre, ca va etre le gros bordel.
Pendant les escales, c'est la bousculade géante des vendeurs qui essayent d'approcher le bateau et ses clients potentiels. Ici comme dans beaucoup d'endroits, on a droit au petit chef de service qui fait régner l'ordre à coup de fouet.
Le voyage sur le bateau entre Koulikoro et Mopti c'est un bon plan. Sur certaines parties du trajet, on est un peu loin des berges (le Niger c'est bien large), sur les deux jours de voyage on se tape des parties un peu monotones, mais certaines autres sont vraiment superbes.
Comment pour le train, la longue durée du voyage et l'ambiance reposante favorise l'oisivité, les discussions, les contacts et les rencontres.
Nous arrivons sur Mopti jeudi soir, apres deux jours de calme passés sur le bateau, le changement d'ambiance à l'heure de débouler dans Mopti est rude. Je suis le seul touriste du bateau, et les dix guides qui m'attendent de pied ferme n'auront pas raté leur effet: me faire sortir de mon rythmne "la croisière s'amuse" pour me faire redescendre dans la fureur de la ville.
Heureusement, je mes les envoie tous chier quand ils cherchent à m'emmener vers leurs hotels. Dans le bateau j'ai rencontré un gars qui va me faire loger gratos chez l'attaché de cabinet du gouverneur de la region de Mopti. Coule quoi...

The boat.

The fleuve niger.

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Les 4eme classes qui squattent le pont.

Comité d'accueil bien garni pour les escales.

Et vas y qu'on fait des bonnes affaires.

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Arrivée à Mopti à la tombée de la nuit, couleurs superbes.

J'y serais bien resté encore un peu dans ce bateau...

La ou on squatte la nuit avec mon jeune ami Abel rencontré dans le bateau.
Commentaires sur ce carnet.
Message posté par asol, email : fharmand@hotmail.com.
Le 8/10/2004 à 10:38.

AH enfin des bonnes news qui font rever et changer le quotidien.
Bon continuation
et au fait : Bon Anniversaire

@+

Message posté par vincent vincent, email : contact@vincent-vincent.com.
Le 8/10/2004 à 14:03.

comment ca s'ecrit "bonan malan" ?

Message posté par i M@N, email : i_man_01(at)yahoo.fr.
Le 10/10/2004 à 17:29.

Hello !

Sacré Vincent Vincent ... encore parti en vadrouille ... vazy lâche pas l'affaire et surtout tiens-nous au courant ... ça me fait rêver tes histoires ... ;-)

P.S : ça s'écrit bon an, mal an. :-)

@+...

Message posté par marius, email : clarma@oreka.com.
Le 11/10/2004 à 18:44.

le mien c'était hier et j'ai fait un long voyage paris bordeaux aller retour: c'est-à-dire enviuron 1000km également. et au restaurant j'ai mangé des craquettes de banane.
au final je suis fatigué donc je t'écris pas plus longtemps (ah la bonne excuse!)
bon ça va ta tête, ton corps, tes poils etc à part que tu rêves beaucoup?

Message posté par vincentvincent, email : tiberghien@lycos.com.
Le 11/10/2004 à 20:05.

Marius, bon anniversaire.
J'avais oublié dis...
C'est lamentable comme j'oublie tous les anniversaires de tous le monde.
Tes parents t'ont ils offert un billet d'avion pour le Sénégal pour ton anniversaire ?


Message posté par marius, email : clou@clou.
Le 12/10/2004 à 18:52.

value='c\'est bien le sénégal? il faut venir te voir? tu me conseilles de venir ou pas?
lalala'

Message posté par vincent, email : contact@vincent-vincent.com.
Le 13/10/2004 à 10:20.

bof...ca casse pas trois pattes a un canard.
Mon conseil : ne viens que si vraiment tu as trop d'argent à dépenser.

Depuis quand tu ecris comme un ordinateur ?

Message posté par Dread Max, email : tu connais.
Le 18/10/2004 à 12:13.

Salut à toi alors comme ca le Mali 2 semaines mais ca va tranquil bon et ba positive man, bon vent et bonjour à tout le monde.


Sommaire Sénégal
22/11/2005 : Reconnait l'invité mystere et gagne le concours vincent-vincent.com !
15/11/2005 : Timshel en concert sur l'ile de Gorée.
26/08/2005 : C'est la fete a la grenouille a Dakar.
07/06/2005 : Florilege de photos inédites prisent l'année passée.
18/02/2005 : Visite de la ville sainte de Touba, bastion du mouridisme.
08/02/2005 : Timshel en concert dans le cadre des célébrations du 60 eme anniversaire de bob Marley.
27/01/2005 : Comment j'ai remporté le tour cycliste de Casamance haut la main.
11/10/2004 : Deuxieme semaine au mali, entre emerveillement et dégout. La beauté du pays Dogon et la misere des villes.
07/10/2004 : En route pour le Mali, deux jours de train, deux jours de bateau.
08/09/2004 : Concert de reggae au Tennis club, yannick Noah n'etait pas la, Timshel si.
02/08/2004 : Oui, le lac rose est bien rose, en voici la preuve.
15/07/2004 : Marcel Dion, artiste peintre Sénégalais, repeind les fesses de ma guitare.
28/06/2004 : A la rencontre des gamins de mon quartier, on y fait de bien jolies photos.
23/06/2004 : Des concerts a la pelle, et un passage �la TV, le star systeme me guette il ?
15/06/2004 : La visite de Saint Louis, torchée en 24 heures chrono, a la japonaise.
11/05/2004 : Aprés deux mois passés ici, je paye ma premiére prestation scenique Sénégalaise.
04/05/2004 : Week end a Louga : Fete religieuse et vie de famille a la Senegalaise.
14/04/2004 : Les fetes de Paques au sénégal : Aller chercher ses oeufs planqués dans les baobabs.
02/04/2004 : On est une bande de jeunes, on s'fend la gueule.
24/03/2004 : Comment se faire endormir 5.000 CFA en quinze minutes...
 
23/03/2004 : Ma vie a Dakar ces derniers jours, ca interresse quelqu'un ?
15/03/2004 : Visite du quartier de dieuppeul, et autre aventures diverses et vari�s.
08/03/2004 : Arrivée a Dakar, decouverte de la ville et premieres impressions.