Deuxième semaine au Mali, pays Dogon et retour sur Dakar.
Me voici donc à Mopti, ville archi dégeulasse et stressante, un peu dans le style de Bamako.
Les gens sont très pauvres ici, on y croisent beaucoup de mandiants, des gosses avec des gros bides qui doivent surement soufrir de malnutrition. C'est assez deprimant comme coin.
Mon ojectif est de rallier Bandiagara, puis Sangha, pour faire la bas quelques jours de randonnée dans le pays dogon.
Je rate le bus de 8 heures, et je suis donc obligé d'attendre le bus du soir, je passerai la journee dans la ville de Mopti, à me faire emmerder par les millions de chieurs de guides qui trainent dans la ville à la recherche des touristes. En septembre, il n'y a plus beaucoup de touristes, et toujours autant de guides, donc ils sont sur les dents, pret à bondir sur le premier blanc qui passe. C'est pénible. En m'arretant dans une boutique, je discutte avec le gérant qui me raconte que son cousin est originaire d'un village du pays dogon, qu'il est venu à Mopti vendre ses oignons mais qu'il repart ce soir au village. Il me propose de me le presenter et de le suivre pour aller habiter chez lui. Ca sent le bon plan, mais finalement non. Il m'amene chez un gars qui n'est autre qu'un jeune pseudo guide relou.
Je laisse tomber.
Finalement, le gérant de la compagnie de transport qui nous emmene vers bandiagara me presente un parent à lui qui est le président de l'association des guides de Bandiagara. Le gars a l'air réglo, il me fera dormir chez lui gratos et le lendemain il me promet de me trouver un guide de confiance et pas trop cher. On ne peux pas voyager en pays d'ogon sans guide, les gens ne parlent pas francais et on ne saurait pas trouver son chemin seul, ni comprendre toute l'histoire et la culture dogon.
Le lendemain je trouve donc un guide et nous partons ensemble pour une randonnée de trois jours.

La region du pays d'ogon s'etale tout le long d'une grande falaise, les dogons se sont installés là au pied de la falaise qui constituait un abri pour construire les greniers à mil et un point d'observation sur les pleines environnantes.
Les petits villages que nous traversons à pied sont vraiment magnifiques. Les gens vivent ici de l'agriculture et de la ceuillette. Ils ne cultivent et ne mangent presque exclusivement que du mil, souvent pilé et en pate (c'est pas bon) accompagné de sauce à base de feuilles de baobab. C'est la vie rurale, simple. Ces gens sont sans le sous, mais n'ont finalement besoin de rien, ils vivent presque en autarcie. Comme me l'explique mon guide, ici ils ne manquent jamais de nouriture, ils ne demandent rien a personne, ils vivent bien et sont heureux comme ca. C'est vrai qu'ils ont l'air heureux.
Ils vivent pourtant à la dure, sans aucun acces aux services de santé. Tous les enfants de moins de cinq ans ont des gros bides de somaliens, les vieux ont des dents pas possibles, certains sont handicapés des suites de maladies mal soignées. L'esperance de vie moyenne est de 46 ans en pays d'ogon.
Mon guide est un tres chic type. Il a 22 ans, c'est un genre de "copain des bois", qui aime la nature et son pays, et il transmet tres bien cette passion. C'est un grand plaisir de marcher dans les champs de mil en discuttant avec lui. On discutte de tout et de rien, entre autre de sa vie ici. Il m'explique que beaucoup de jeunes ici, et c'est son cas aussi, vont parfois faire leur etudes ou un peu de buisness en ville, mais que presque tous reviennent se marier et vivre leur vie au village. Lui a ete à l'ecole, "il a fait les bancs" comme on dit, c'est un gars cultivé et fin, et son choix de vie est de rester au village. Ces villages ne connaissent presque pas l'exode urbain. C'est etonnant, et ca fait plaisir à voir.
Un soir nous arrivons dans un village catholique ou on fete le bapteme d'un jeune enfant. On se joint a la fete tout naturellement, les gens sont vraiment acceuillant et super chaleureux. On s'attaque gentillement à la biere de mil, on egorge des poulets, on sort la batterie qui sert a faire fonctionner le poste cassette et on ecoute de la dance dans le village. Une bien belle fete.
J'ai vraiment adoré mon sejour en pays dogon, c'etait magnifique.
Les photos que j'ai prise ne refletent pas bien la beauté du pays. Mon appareil s'est gaté au plus mauvais moment, voici neanmoins ce que je vous ai ramené.

La falaise, et les greniers a mil abrités par la falaise.

Un village dogon, vue depuis la falaise.

On marche au milieu des champs de mil et des boababs.

Les femmes reviennent de la ceuillette.

On marche tellement vite que j'en floute mes photos.

Assis dans la grotte ou s'abritaient jadis les dogons.

Les greniers à mil.

C'est beau.

Une mosqué dans un village.
Apres le pays dogon, je descend au sud, vers sikasso. Je suis attiré par cette ville pour en avoir entendu parlé en bien par un cikasois rencontré dans le bateau pour mopti, et j'ai la bas un contact que m'avait donné un habitant du pays dogon, deux bonnes raison de me rendre dans cette ville.
Malheureusement mon contact est bidon, j'atteri chez le frere du gars qui m'avait donné le plan, et le frere en question a une grande villa qu'il loue aux touristes 15.000 cfa la nuit. Léger malaise entre lui et moi, finalement je suis trop crevé pour repartir, et j'arrive à negocier une chambre a 5000 CFA. Cikasso c'est degueulasse comme tout, je fais un rapide tour de la ville, rien d'exceptionnel à voir, et le lendemain je prend le car pour bamako, j'aurai du m'abstenir d'aller la bas.

Pour feter le retablissement de mon appareil, je prend cette photo d'un troupeau de chevres attachées sur un bus, et je me fais engueuler.

A cikasso on est pas loin du burkina.

Un des axes principaux de la ville.

...

Le jeune avec qui je visite la ville.
A mon retour à Bamako, je retrouve la famille qui m'avait herbegé dans le quartier d'Hamdalaye. Nous passons une courte soiree ensemble et je m'ecroule de sommeil tres tot. Le matin, je me reveille avec la plus belle chiasse de ma vie. Difficile de dire si c'est le couscous de mil avec le lait de la veille qui est mal passé ou juste la fatigue qui m'empeche de digérer, mais le resultat est la: une chiasse effrayante.
La situation est critique, nous sommes jeudi et je dois penser serieusement à me mettre en route pour Dakar, sous peine de manquer ma rentree, le lundi suivant.
L'immodium m'a sauvé la vie. Une triple dose de ce medicament m'aura permis de faire le voyage sans accident gastrique majeur. Cette fois ci j'ai du prendre la route, pendant deux jours. J'ai battu mon record de lenteur sur route: 180 bornes en dix heures sur une piste entre Bamako et Caille.

En quittant Bamako, la fatigue aidant, j'éprouve un lourd sentiment de tristesse et de desespoir.
Cette misère et cette crasse me fout vraiment les nerfs à vif.
Je dois dire que jusqu'à present, du temps que j'ai passé en Afrique, je n'avais jamais vraiment pris pleinement conscience de la realité du sous developpement. En quittant le jeune de la famille qui m'amene a la garre, on se souhaite mutuellement bonne chance pour la suite. Je mesure le décallage terrible qu'il y a entre sa vie et la mienne. Lui retourne à son destin pourri, sans avenir, sans espoir, condamné à l'inactivité et à la crasse. Moi je continue ma route dorée. Je peux me permettre d'accomplir presque tous les projets que je souhaite, pour moi tout est possible, lui est presque impuissant face à son destin poisseux.
Dans le car qui nous sort de la ville, on roule encore dans des quartiers sordides.
Quand je pense qu'à mon arrivee en Afrique j'aurai ete content de voir des quartiers comme ceux la. Le petit occidental en mal d'exotisme que j'etais se pamait à la vue des bidonvilles. C'est vrai qu'il y a une certaine beauté dans la vie de ces quartiers grouillant d'activité et de couleur, mais je dois avouer que dans mes debuts je ne percevait pas la misère profonde et la vie de merde qu'ont ces gens. Leur vie, c'est pas une vie.
Au senegal, la situation est moins dure je pense, et la guaité des enfants et des gens dans l'advertisité vous fait dédramatiser la situation. Au mali, on retrouve moins cette joie de vivre, j'ai vraiment eu le sentiment que les gens luttent pour survivre.
Les petits vendeurs qui bataillent pour gagner 150 CFA dans la journee et les marchés qui puent la merde, ca me fait de moins en moins sourire.
Je ne peux que comprendre tous ces jeunes qui ne pensent qu'a partir en Europe et aux Etats unis, personne ne peux se resoudre à n'avoir comme perspective que celle de passer toute sa vie dans ces conditions. Un pays comme le mali ne semble pouvoir donner aucune perspective d'avenir positif à sa jeunesse, vraiment aucune.

Un sejour de deux semaines est un temps trop court pour se faire une idée de la réalité d'un pays, j'imagine que mon avis aurait changé au fil de mes rencontres si j'etais resté plus longtemps. Le fait de rencontrer des gens qui montent des projets contructifs et qui vivent une vie epanouie au mali m'aurait surement fait voir les choses differement, mais je n'ai pas eu cette chance. Mon constat apres deux semaines (surement pas un constat objectif) c'est qu'au mali ils sont vraiment dans la merde.

J'aurai passé deux semaines riches et instructives, avec de bons moments, comme la descente du niger ou la marche en pays d'ogon, mais ce fut dans l'ensemble un voyage dur, physiquement et psychologiquement.

Je suis interressé de connaitre l'experience de ceux qui sont aussi allé au Mali ou ont vécu des experiences similaires dans des pays de ce niveau, si vous voulez écrire quelques lignes, allez y donc.
Commentaires sur ce carnet.
Message posté par Fred, email : arcens@ird.sn.
Le 12/10/2004 à 1:08.

Un récit bien agréable qui donne l'envie du déplacement.
Bigs up distingués

Message posté par Micky, email : mkassim@tiscali.fr.
Le 18/10/2004 à 21:15.

Hello mon petit Vincent,

Je lis ton commentaire et ca me donne la larme à l'oeil. Mais en tout cas, je trouve ca sympa d'avoir un recit qui ne soit pas formatté comme un guide de tourisme...

Bon à part ca, je voulais te faire un gros Big Up !!!

Continue comme ca amigo, tu me file la trique avec tes fautes d'orthographes (gare ca prend qu'un seul r).

Allez tschussai et La bise.



Message posté par Zoul, email : salzerreca@free.fr.
Le 7/2/2005 à 16:39.

Ton commentaire sur mon site m'a ramené chez toi...

Je découvre le lien vers mon site et "l'hommage" que tu nous fais à moi et à mon site...

Merci beaucoup, ça me fait énormément plaisir et me motive à continuer...

J'ai envie de réagir à ce que tu exprimes dans le dernier paragraphe... J'ai eu des moments dans mon voyage ou j'ai ressenti des choses à peu prés similaires... Ce qui est marrant, c'est que j'ai ressenti ce sentiment, à l'inverse de toi, quand j'étais dans des pays occidentaux (Australie) ou des pays en développement qui prenaient pas la bonne voie (Chili par exemple)...

Je crois que ces sentiments sont aussi influencés, ou provoqués par de mauvaises circonstances dans le voyage.. Maladie, fatigue, mauvaises rencontres...

Heureusement, cela est rare et on retient surtout des voyages pleins de bons souvenirs, et de bons moments...

La solution que j'ai trouvé pour éviter ce genre de déprime, c'est de se concentrer comme tu l'évoques sur des rencontres avec des gens motivés, dynamiques, qui font le nécessaire pour aider les autres et se sortir, ou sortir leur quartier, ou pays de la situation que tu dénonces justement...

Et là, je t'assure, point de déprime possible, seulement une formidable énergie !

Viendez chez moi à l'occasion pour approfondir l'idée...

http://www.zoulstory.com


Message posté par Fred, email : diourf |moulefrite| hotmail.com.
Le 26/2/2005 à 14:04.

Ai suivi un peu le même trajet en janvier. Pas le même sentiment de l'écart entre Sénégal et Mali, pas facile de trouver la frontière, surtout quand on est dans le train. La train, ça c'est le bon plan. Devant partir le samedi, il part finalement avec 2 jours... d'avance et ralie Bamako en 50 heures top chrono. Bon bon trip bien rendu par Vincent Vincent. Ne pas rater le passage du fleuve et la région de Kayes, c'est très zouli. Pas d'impression de déprimitude à Bamako, qui m'a semblé agréable, vivante, verdoyante le long de sont fleuve. Et les Bamakois accueillants, sympathiques voire prévenants. 3 saï-saï de service, version soft, vraiment pas de pègue.
Les pénibles on les retrouve en force un peu plus loin, à mesure qu'on s'approche du Pays Dogon (en bus, avec Bittar Voyages, ça roule bien), à Sévaré en particulier. Préférer Mopti, son port, son artisanat... Bandiagara, piège à cons, comme à Sévaré, guides à la pelle, syndicat des transport envahissant, c'est un peu la prise d'otage pour chaque déplacement. Dans le Pays Dogon, sud et Sangha aussi j'imagine, on te fait le chantage aux fétiches à chaque étape, bilan t'es obligé de payer un petit gars dont le service parait moins évident du moment qu'il s'agit de suivre la falaise sur des chemins bien balisés. Au bout du compte, tu prends un guide permanent, ce qui évite d'avoit à tout négocier. Bon voilà, elle est bien belle quand même cette falaise, mais un brin dénaturé par son succès.
Gros remue-méninge sur la pauvreté dans les bleds les plus reculés du pays quand même, vers la frontière burkinabaise, le long du Niger, un peu partout là où ne va pas la route, le Sahel c'est pas beau à voir. Plus de poussière, plus de crasse, moins de tout, malnutrition plus visible. Y'a des villages qui mériteraient un bon coup de main c'est sûr.
Bref le Mali, les grands espaces, la musique, Timshel (Prochaine date?), on aime!
Hasta luego! (File-moi ton plan location de vélos à Ziguinchor)

Message posté par vincentvincent, email : contact |moulefrite| vincent-vincent.com.
Le 26/2/2005 à 15:19.

Fred,
Merci de ton commentaire.
Encore une fois, je pense que c'est la maladie et la fatigue qui m'a donne des idees noires.
Peut etre aussi le fait que j'ai ete seul tout le temps.
C'est plus confortable d'avoir quelqu'un avec soi pour vider son sac et partager ses moments de blues si ca arrive. Mais je me dit aussi que c'est pas si mal de vivre des moments comment ca, seul face a sa conscience.

Pour ce qui est de la location de velo a ziguinchor, j'ai aucun plan particulier a te filer, plusieurs hotels louent des velos. Nous on a paye cher, environ 3500 CFA le velo par jour, mais on a waxhale comme des manches. Toujours est il que ca vaut le coup, assure toi juste que le velo est pas trop deglinguos et que tu auras de quoi le reparer pendant le voyage. Tu vas aller voir tes amis les joueurs de kora ?

Timshel prepare un autre grand concert pour avril, le week end suivant le magal de touba. On doit aussi rejouer au "mon soon" bientot, mais je sais pas quand, d'ici j'ai plus de nouvelles, je suis au Gabon mon con !

Message posté par vincent-vincent, email : contact |moulefrite| vincent-vincent.com.
Le 26/2/2005 à 15:26.

Au sujet du pays dogon, je vous donne le plan pour trouver le guide avec qui j'ai voyagé et qui est vraiment bien.
Demandez "papa" a bandiagara, le chef des guides, qu'il vous mette en contact avec "arhuna" du village "kani kombole".

Message posté par abdou, email : amound.
Le 14/9/2005 à 18:01.

sa a l air bon le pays d gon moi je suis au sénégal a barnie je vais au mali dans un mois

Sommaire Sénégal
22/11/2005 : Reconnait l'invité mystere et gagne le concours vincent-vincent.com !
15/11/2005 : Timshel en concert sur l'ile de Gorée.
26/08/2005 : C'est la fete a la grenouille a Dakar.
07/06/2005 : Florilege de photos inédites prisent l'année passée.
18/02/2005 : Visite de la ville sainte de Touba, bastion du mouridisme.
08/02/2005 : Timshel en concert dans le cadre des célébrations du 60 eme anniversaire de bob Marley.
27/01/2005 : Comment j'ai remporté le tour cycliste de Casamance haut la main.
11/10/2004 : Deuxieme semaine au mali, entre emerveillement et dégout. La beauté du pays Dogon et la misere des villes.
07/10/2004 : En route pour le Mali, deux jours de train, deux jours de bateau.
08/09/2004 : Concert de reggae au Tennis club, yannick Noah n'etait pas la, Timshel si.
02/08/2004 : Oui, le lac rose est bien rose, en voici la preuve.
15/07/2004 : Marcel Dion, artiste peintre Sénégalais, repeind les fesses de ma guitare.
28/06/2004 : A la rencontre des gamins de mon quartier, on y fait de bien jolies photos.
23/06/2004 : Des concerts a la pelle, et un passage �la TV, le star systeme me guette il ?
15/06/2004 : La visite de Saint Louis, torchée en 24 heures chrono, a la japonaise.
11/05/2004 : Aprés deux mois passés ici, je paye ma premiére prestation scenique Sénégalaise.
04/05/2004 : Week end a Louga : Fete religieuse et vie de famille a la Senegalaise.
14/04/2004 : Les fetes de Paques au sénégal : Aller chercher ses oeufs planqués dans les baobabs.
02/04/2004 : On est une bande de jeunes, on s'fend la gueule.
24/03/2004 : Comment se faire endormir 5.000 CFA en quinze minutes...
 
23/03/2004 : Ma vie a Dakar ces derniers jours, ca interresse quelqu'un ?
15/03/2004 : Visite du quartier de dieuppeul, et autre aventures diverses et vari�s.
08/03/2004 : Arrivée a Dakar, decouverte de la ville et premieres impressions.